home sweet home...

home sweet home...
Ce qui est agréable quand vous avez le sentiment de revenir chez vous, c'est de retourner dans tous ces petits endroits où vous vous plaisiez à aller à une période bien donnée.

Une ruelle sans intérêt, sauf pour vous. Un restaurant où vous vous revoyez encore partager les plats et les verres avec des amis.
Un chemin, que vous faisiez tous les matins pour vous rendre au travail que vous reproduisez au pas, aujourd'hui mains dans les poches en sifflotant car vous n'allez en fait nulle part.






Presque un pèlerinage en quelque sorte. À la différence près que seul vous en connaissez le trajet, car vous l'avez façonné au travers de vos rencontres et des hasards de la découverte à certaines époques de votre vie.

En remontant une des grandes avenues du centre de Kyoto, Shijo Doori, je m'arrête devant le department store Daimaru. Je descends au sous-sol, l'étage des produits alimentaires et traiteurs de toutes sortes.

L'hôtel dans lequel je travaillais dispose d'un corner pour la vente des produits traiteurs et pâtisseries labellisés du nom de cette chaîne d'hôtels.
Mon ancien responsable de stage, autrefois employé des ressources humaines de l'hôtel a été rétrogradé pour je ne sais quelle faute. Il est à présent vendeur de gâteaux sur le stand de l'hôtel.

Triste ironie que réserve parfois le destin aux gentils. C'en était un véritable.
À présent, il espère ne pas rester beaucoup plus longtemps que l'année qui vient déjà de s'écouler à ce poste déroutant.

Les clients se pressent autour du stand. En cette avant-veille de Saint Valentin, les magasins d'alimentation sont littéralement pris d'assaut. La foule est venue s'approvisionner en calories qu'elle sèmera autour d'elle avec amour le 14 Février.

Comme d'habitude, nous nous promettons d'organiser un dîner une prochaine fois. Comme ça nous aurons le temps de discuter davantage, disons-nous.

Délicates formules, vides de sens mais élégantes. Que nous dirions nous en réalité ?
Pas beaucoup plus que les quelques nouvelles mutuelles échangées l'espace des dix minutes passées.

Dix minutes pour le moins agréables qui ne nécessitent pas de suite.
Il y a finalement tant de personnes avec qui le procédé devrait être similaire.
Apprécier certaines personnes à petite dose, c'est aussi savoir les apprécier pleinement.

Rendez-vous pris pour dix minutes dans deux ou trois mois, peut-être?

À ma prochaine venue, Je préfèrerais néanmoins voir une tête inconnue à la place du visage familier.

Cela voudrait dire qu'une personne de plus a quitté le purgatoire?

# Posté le samedi 25 février 2006 12:52

Modifié le samedi 25 février 2006 13:04

Sweet home...

Sweet home...
Quelques petites vues de mon retour dans le Kansai.

Une des chances de ce boulot, c'est de pouvoir voyager et ainsi lorsque je repasse dans des villes qui me sont familières, c'est à chaque reprise avec un grand plaisir que je retrouve mes marques immédiatement.

Il y a deux semaines, j'ai donc eu la possibilité d'aller passer un vendredi à Kobe pour travailler et ainsi m'offrir un week-end à Osaka/Kyoto avant de reprendre la route vers Tokyo.
L'occasion de retrouver les Takaoka, mes amis et famille d'accueil quand je travaillais à Kyoto il y'a deux ans.




L'occasion tombait bien; un anniversaire en perspective, celui de Mayumi (qui pose sur la photo avec son mari Hideaki) que nous avons pu fêter dans un chouette petit resto/bar à ambiance musicale en plein centre d'Osaka (Umeda)

Nous sommes ensuite retournés poursuivre la soirée chez eux. Je les avais quittés en septembre dernier, à l'issue de mes vacances estivales.
C'est toujours un vif sentiment de réconfort que de revenir en ces lieux où j'ai tant de bons souvenirs.
À peine entré, je reconnais de suite cette odeur si particulière des maisons japonaises.
Arômes de bois transportés par le laborieux chauffage d'hiver. Je retire mes chaussures et les aligne à côté de la multitude d'autres paires en présence et regagne spontanément le salon comme si à peine vingt-quatre heures s'étaient écoulées depuis ma dernière venue.

Je retrouve les trois enfants qui ne sont pas encore couchés. Ce n'est peut-être qu'une impression mais en six mois il me semble qu'ils ont grandis. Je corrige quelques exercices de maths que Jun l'aîné vient me tendre.

Shigeko, la mère d'Hideaki nous rejoint et dépose sur la table quelques tasses de thé chaud et chocolats qui décidemment sont partout en cette période de Saint Valentin au Japon.

Je leur parle de mon travail, de mon installation, de la vie à Tokyo. Ils me racontent à leur tour les dernières nouvelles de la famille, du voisinage.

Une autoroute va être construite en face de la maison.

Cette fois ci, ça y'est le terrain de jeu d'en face est condamné. On n'y verra plus les enfants improviser des parties de base-ball.
Fini également, le troisième âge qui s'y retrouvait pour fumer une cigarette en commentant les dernières fluctuations météorologiques.

Autrefois cimetière, cette aire hantée selon les dires du voisinage se fera bientôt rouler dessus par des millions de voitures et poids lourds.
C'est le moment d'investir dans un magasin de double vitrage dans les environs.

Retour sur investissement bientôt garanti !!...

# Posté le samedi 25 février 2006 12:12

Modifié le samedi 25 février 2006 13:07

Et donc...

Et donc...
Me voici revenu pour mettre quelques mots sur la suite de cette histoire.

Cela fait à présent presque deux mois que je travaille à Tokyo. Du moins, ma base est à Tokyo mais dans le cadre de mon travail je suis souvent amené à être sur le terrain et cela me donnera à l'issue des six mois la possibilité de parcourir quasiment toutes les préfectures du Japon. Même s'il est vrai qu'en déplacement, il ne reste que peu de temps pour faire du tourisme, j'aurai au moins une première impression des différentes ambiances et typologies régionales de l'archipel.




J'ai déjà eu l'occasion de parcourir Tokyo et sa proche banlieue en long, large et travers, de me rendre dans la préfecture de Chiba, à Kobe, Osaka, Kyoto.
Demain je pars passer la journée à Niigata et dans ses environs. Je vais encore devoir me lever tôt pour prendre un des premiers shinkansens mais pour l'instant, ça va, je ne me suis pas encore lassé de ces journées qui commencent tôt et peuvent parfois finir tard.

Aujourd'hui, c'était ma première demi-journée manquée au boulot. En réalité ça fait deux jours que je suis malade. Crève, sinusite, je n'ai pas encore demandé d'autopsie mais ça doit être quelque chose dans ce goût là...
En vue du déplacement de demain, il fallait absolument que je me repose un peu et c'est d'ailleurs ce que m'ont conseillé les gens autour de moi au boulot.

Une après-midi dans mon lit, ça ne m'était pas arrivé depuis un moment. C'est amusant, mais c'est en repartant du boulot en fin de matinée qu'il m'a repris l'envie d'écrire sur ce journal. Comme si ce petit bonus de repos, cette oasis inattendue m'avait convaincu de reprendre mes activités de récit.

La suite au prochain épisode, c'est à dire certainement début de semaine prochaine car il y'aura à n'en pas douter des sorties en prévision pour le week end...

(Bois de Meiji Jingu le 1er Janvier 2006)

# Posté le jeudi 23 février 2006 06:59

J'ai retrouvé l'envie d'écrire!

J'ai retrouvé l'envie d'écrire!
Comme je suis contre la finitude des choses et des êtres, me voici de retour à l'écriture sur ce blog délaissé depuis quelques mois maintenant.

En espérant que je n'aurais pas définitivement perdu tout lecteur, je vais tâcher de me reprendre en main et aligner quelques phrases d'une manière plus régulière à présent.
Comme j'ai un peu disparu depuis Novembre, il est certain que beaucoup de choses se sont passées mais je ne reviendrai volontairement pas sur cette période qui restera d'une richesse émotionnelle incroyable sur nombreux plans extrêmement différents.



Un rapide résumé sélectif s'impose néanmoins afin de comprendre la transition jusqu'à ce jour :

Le 26 Décembre, lendemain de Noël et donc jour peu propice aux séparations, je m'envole en direction de Tokyo.
C'est la quatrième fois que je me rends au Japon mais cette fois ci est un peu différente des précédentes. Je pars effectuer mon stage de fin d'études au sein d'un grand groupe à Tokyo .
A l'issue de cette période de six mois je serai alors amené à me déterminer, au moins à court terme sur un des deux pays que sont la France et la Japon.

J'ai ainsi assisté au passage à la nouvelle année au Japon cette année encore. Mauvais concours de circonstances, je m'y suis retrouvé seul mais ne pourrait-on pas dire tout simplement que je m'y suis retrouvé ?...
Cela faisait si longtemps que je ne m'étais pas retrouvé seul à vrai dire.
Et puis, seul au Japon ?
Encore une fois, des surprises, des rencontres agréables?
Pour l'occasion, je suis retourné au bar du Park Hyatt Hotel de Shinjuku ; celui qui vous offre une vue imprenable du 40e et quelques étages sur tout Tokyo.
Quelques quarts d'heures plus tard, rencontre avec un jeune couple roumain en voyage.
Ils étaient beaux, l'un comme l'autre. Vêtus avec sophistication, courtois, cultivés et créateurs d'entreprises à leurs heures gagnées.
Radicalement éloignés de l'image d'un prolétariat ex-soviétique, ils avaient du panache et malgré eux savaient focaliser les regards sur leur passage.
Nous avons bu deux flûtes de champagne tous les trois et ils me quittèrent pour aller dîner.
Il était alors presque dix heures et je me décidai également à redescendre.

La nuit se termine de la façon suivante : Quelques petits plats avalés dans un izakaya non loin de l'hotel en discutant avec mon voisin de comptoir puis je me rendis via le Parc de Yoyogi au temple Shinto « Meiji Jingu ».
Ce dernier avait été pris d'assaut par les pèlerins, les touristes, les badauds, les gens comme moi?
Quelques heures passées là et je regagnais mon logement sans avoir d'impressions particulières. 2005 fut une bonne année. 2006 devra faire ses preuves?


Je travaille ici depuis le 5 Janvier.
Entre mon arrivée sur sol nippon et le début des hostilités il s'est écoulé prés de deux semaines que je mis à contribution pour me promener, découvrir les environs, faire du shopping, dormir et me détendre.
J'habite à côté de la gare de Yoyogi dans une auberge pour étrangers.
Cet organisme du nom de Sakura House possède des dizaines de bâtiments à travers Tokyo et sa proche banlieue.
Je dispose d'une petite chambre privée et de parties communes pour les salons, cuisines et sanitaires.
Les nationalités sont variées, les personnes plus ou moins communicatives, mais disons que tout ce petit monde contribue à créer une atmosphère de vie plus agréable en tout cas qu'un appartement habité seul.
Aussi chaleureux aurait-il pu être, difficile d'échapper aux relents anxiogènes de la solitude pure et parfaite?
Du coup, je croise dans mes couloirs des Coréennes grincheuses, des Allemands tatoués, une Australienne qui se lave les dents en sous-vêtements et tout un tas d'autres personnes.

Malgré la diversité de leurs pays d?origine, les étrangers "gaijins" venus au japon ont pour caractéristiques commune d?être des sacrés glandeurs.
Mon propos n?est bien entendu pas généralisant mais issu d'expériences fréquentes.
À l'exception des chinois et coréens, très peu de jeunes étrangers qu'il m'a été donné de rencontrer au Japon sont venus ici avec un but précis.

Une fois que vous avez ôté du tout, les stagiaires, les actifs et les étudiants, il vous reste encore un bon paquet de jeunes occidentaux soit autistes, soit fêtards mais en tous cas peu résolus à faire quelque chose de constructif de leur vie dans l'immédiat.

Après tout, à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses possibilités...

(En photo, une des entrées des Jardins du Palais Impérial, Tokyo, Chiyoda-Ku)

# Posté le jeudi 23 février 2006 04:29

Modifié le jeudi 23 février 2006 04:41

Et si on entrait...

Et si on entrait...
Une vue de l'entrée dans la coure principale du Château d'Osaka (Oosaka Jou).
Il ne s'agit pas de l'entrée principale mais d'une entrée latérale qui est moins remplie de monde en général.

# Posté le mercredi 09 novembre 2005 18:37