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De retour après avoir déserté à mes obligations d'écriture ces temps derniers, me revoici, bien décidé à partager avec vous mes quelques récentes impressions et expéditions.
J'en étais resté à mon voyage à Kyushu. Que le temps passe vite ! En effet, à peine le temps de s'arrêter un instant que nous sommes déjà passé à autre chose. Cette nuit-là, je suis descendu dans un hôtel à Kumamoto, capitale de la préfecture éponyme. Fatigué d'une journée de rencontres professionnelles et de quelques heures de transports divers, je n'ai qu'une envie, m'étendre sur mon lit king size et entrer en monologue muet avec moi-même.
Tiraillé par la faim, je me décide tout de même à sortir manger un morceau sur le coup de dix heures du soir.
Pas grand-chose dans le coin. Je fais donc halte au premier izakaya venu. Ce genre de petit bistro à l'ancienne, témoin du temps et ambassadeur d'une autre époque face à la concurrence féroce des chaînes modernes d'izakaya.
Il faut rappeler qu'autant les étrangers sont monnaie courante à Tokyo ou Kyoto, autant nous sommes ici dans le Japon reculé et les proportions de gaijins chutent donc d'autant.
Plus qu'un client en train de dîner seul ; mon voisin de comptoir. Nous faisons face au maître des lieux et à son épouse. La conversation s'instaure dès le début entre tous les protagonistes de la scène. Questions d'usage sur les raisons de ma venue, pays d'origine, âge, etc..


L'homme qui se trouve à côté de moi est également en visite ici dans le cadre de son travail. Il vient de Saitama et nous nous poursuivons notre conversation de manière très naturelle , et ce sans discontinuer.
Nous buvons à notre rencontre insolite et improbable. Il finira d'ailleurs dans un élan de bonne humeur par m'offrir le repas ainsi que les nombreux verres de shochu qu'il avait commandé à mon attention. Le restaurant ferme, nous devons donc y aller. Trop heureux d'avoir trouvé un compagnon plus bavard qu'une simple bouteille de shochu, il m'invite alors à poursuivre dans un autre bar. Pas le moindre en vue. Un restaurant de ramen uniquement. Qu'à cela ne tienne! C'est à présent autour d'une bouteille de sake et de quelques gyozas que nous nous asseyons. L'humeur se fait de plus en plus joyeuse et nous sympathisons avec le serveur qui termine justement son service dans une demie heure. Nous l'attendons pour quitter les lieux. Yoshi, mon compagnon de table de ce soir annonce alors fièrement qu'il va nous inviter dans un bar qui vaut le déplacement. Un taxi plus tard, nous arrivons au centre de la ville de Kumamoto et nous suivons notre ami qui entre dans un petit bar de la rue principale. 12000 yens (600F) par personne pour une durée de deux heures, tout compris. Tout compris, y compris pour chacun, deux jeunes femmes élégamment vêtues, mignonnes de leur personne et tout sourire depuis notre arrivée. Bingo, nous sommes en réalité invités dans un bar à hôtesses. Rien de salace pour autant. Un bar à hôtesses est un bar normal, où des jeunes filles vous font la conversation, rient à vos blagues pas drôles et s'émerveillent de façon plus que crédible de ce que vous pouvez être amenés à leur raconter en ces heures avancées. Parmi leurs autres attributions: remplir votre verre lorsque qu'il vient à être vide, allumer votre cigarette avant même que vous n'ayez songé à saisir votre briquet et enfin et surtout vous sourire...
Deux heures plus tard, il se fait trois heures et j'ai vraiment besoin de dormir. Je remercie mon hôte de ce soir après avoir été ramené à mon hôtel et je prends enfin congé de ce petit monde avant qu'un quatrième établissement ne vienne à se profiler.
Le lendemain, après quelques rendez vous, je reprenais l'avion en direction de Tokyo.
Je ne retournerai peut-être pas de sitôt à Kyushu. J'en garderai dans tous les cas un souvenir amusé...

NB : Une idée de la tête que je devais avoir à l'issue de ces pérégrinations nocturnes...

# Posté le mercredi 29 mars 2006 08:53

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